![]() |
CSur à cSur, le site qui vous accompagne dans votre amour... |
|
Etre libre vis à vis de l'autrePar le père Benoit Sevenier, eudiste La liberté de l'engagement est essentielle... y compris vis-à-vis de l'autre. La peur de faire de la peine fait parfois durer une relation dans laquelle il n'y a pas d'amour vrai, plutôt une habitude commune de l'autre. Lorsque la décision, les éléments de choix ne sont pas affrontés, le temps passe, les jours se succèdent, puis les mois, puis les années... mais l'essentiel de ma vie est-il alors pris en compte ? Est-ce que je ne vis pas alors comme à la surface de moi-même ? La peur de se retrouver seul invite à faire des concessions... qui ne pourront pas durer indéfiniment. Pour une décision libre, il semble logique qu'il existe une certaine distance entre les deux personnes qui désirent s'engager. Ceux qui ont vécu le syndrome des « couples TGV », qui se séparent le dimanche soir, savent qu'entre deux rencontre je porte l'autre en moi, je prends le temps de penser à lui, de lui écrire... le désir de l'autre se creuse peu à peu. Lors des rencontres alors le besoin de se parler, la joie partagée vient de plus profond. C'est dans une distance que je peux regarder l'autre : si nous sommes constamment l'un avec l'autre, nous sommes « ensemble » mais est-ce pour autant un choix fondé ? Quels moyens prenons-nous pour que chacun fasse le choix de l'autre en respectant réellement la décision de l'autre ? Certains couples finissent par « ne plus se voir »... C'est le temps de s'apprivoiser, d'apprendre à se parler, de vérifier chacun de nos choix pour être dans la vérité, respecter l'autre comme sujet et non comme objet du désir.
Parfois on entend l'objection suivante : si on veut être sûr, il faut avoir eu ces relations sexuelles. L'entente sexuelle conditionne la vie de couple. On a donc besoin de savoir si cela « marche ». Peut-être bien qu'il est bon de se demander « et si ça ne marche pas » ? L'harmonie sexuelle se construit dans une histoire. Elle n'est pas en fait le premier fondement du couple, elle peut être construite, parfois avec l'aide d'un spécialiste. L'enjeu du don des corps est la parole, le sens qui lui est donné. Attendre pour se donner physiquement l'un à l'autre fait grandir l'amour et l'estime mutuelle. Il y a là aussi une pédagogie de l'orientation de nos pulsion : dans la vie de couple, il faut parfois attendre que l'autre soit bien disposé pour avoir des rapports sexuels. Mais l'enjeu fondamental est de respecter l'autre dans sa décision personnelle d'un choix libre. La liberté vis-à-vis de l'autre est aussi à regarder sous l'angle du respect de l'autre : je n'ai pas besoin de tout savoir sur lui, respecter son jardin secret. La jalousie comme l'inquisition sont une intrusion sans ménagement dans la vie de l'autre.
Doit-on tout se dire ? Premier critère : je suis toujours mystère pour moi-même... Comment demander à l'autre d'être transparent ? N'est-ce pas une illusion de l'enfance, sorte de désir de toute-puissance ? Deuxièmes critère : je n'ai pas à faire porter à l'autre ce que je ne veux pas porter seul. Tout dire est parfois une manière de faire pression sur l'autre : il ne peut plus faire comme s'il ne savait pas. Je l'engage sur mon terrain, mon intimité pour le forcer soit à se livrer lui aussi, soit à avoir un comportement qui changera... Troisième critère : la vérité est chemin. Il ne s'agit pas de tout se dire, il s'agit d'être vrai. La vérité suppose que l'on prenne en compte le temps, la relation qui nous unit, la part qui m'échappe... Elle est attitude adulte. Il me faut parfois mûrir seul avant de parler à l'autre.
|
|||||||||||||||||
| Page Pécédente | ©Coeur à coeur par Eklesia.net | |||||||||||||||||