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Chemins d'hommes et de femmes... Des traces vers Dieu ?... |
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Le silence. La discrétion de DieuChristus, n° 194 nous invite à trouver en nous le silence intérieur qui laisse une place pour Dieu. Il ne s'agit pas d'un vide, mais bien d'un dépassement, de la recherche du silence absolu (qui serait peut-être intolérant ou narcissique). Il y a un équilibre à trouver entre : - le bruit de fond extérieur (signe de la présence du monde, sans quoi je ne suis pas) - le bruit de mon passé et de mon futur qui habite mes pensées. et le recueillement intérieur, ou je vais laisser une place au bruit d'un fin silence (comme le note Elie sur la montagne, dans 1 Rois 19). L'idée c'est peut-être d'habiter l'aujourd'hui de ma présence, se laisser envahir par la présence discrète de Dieu.... A propos du silence de Marie, Pierre de Bérulle disait : "Ce silence de la Vierge n'est pas un silence de bégaiement et d'impuissance. C'est un silence de lumière et de ravissement; c'est un silence plus éloquent dans les louanges de Dieu que l'éloquence même. C'est un effet puissant et divin dans l'ordre de la grâce." (Oeuvre de piété, 48, op. cit p. 148). La clé de ce silence intérieur peut être, à l'instar de la sagesse orientale, trouver un mantra, une phrase courte, qui nous habite comme une respiration et nous permet de nous isoler des bruits inutiles. On rejoint la sagesse d'Antoine Le Grand et la fameuse prière de Jésus... Face à cet équilibre entre Parole et silence, B. Sesboué après avoir réévoqué l'apparent silence de Dieu au XXième siècle (cf. également notre Chapitre "Chemins de foi") évoque ce beau texte de Jean de la Croix : "Dieu pourrait répondre : Si je t'ai tout dit en ma Parole qui est mon Fils, je n'en ai point d'autre que je ne puisse maintenant répondre ou révéler qui ne soit davantage que cela (...) regarde le, tu trouveras plus que tu ne demande et plus encore que tu ne pourrais souhaiter..." (in La Montée au Carmel, (II, 22) op.cit p. 157)... Puis il évoque cet alternance entre Parole et silence du Christ. Parole de la vie de Jésus, silence de l'agneau lors de la Passion...Un chemin ? On a envie d'ajouter que le bruit du fin silence, se conjugue dans une symphonie humaine, ou l'Esprit tel un grand chef d'orchestre suscite chez des hommes et des femmes des harmonies nouvelles, instruments solitaires ou harmonie orchestrale à la grande symphonie divine. Il ne reste plus qu'à participer par notre prière intérieure à ce chant du monde, cette vox ecclesia, chant d'une cité céleste. Mais il ne faut pas oublier que nous ne sommes que des passeurs, non pas des clameurs de la gloire de Dieu, mais des serviteurs inutiles, des témoins du silence libérant de Dieu. Non pas des passifs, mais comme le suggère Lévinas des passifs plus que passifs, qui dans le souci du faible et du pécheur témoignent plus de l'amour discret de Dieu que de sa gloire... La tentation du Christ souligne Paul Lamarche (op. cit p. 171) est d'hésiter entre imposer la gloire de Dieu ou au contraire permettre le triomphe des impies en chassant le Messie. Cette apparente victoire de l'homme sur Dieu, exercice ultime de la liberté humaine face au kérygme, à la révélation de Dieu est l'ultime silence de Dieu. Il nous laisse libre d'adhérer sans contrainte au mystère d'un Dieu toute faiblesse et tout Amour. Vous voulez participer à ce recensement, commenter ou compléter les fiches déjà réalisées...
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